L’Affaire Van der Horst: Eurabia and the European Academy

This is the first of a number of French posts that I will put up with brief summaries in English. This article looks at the case of Dutch Professor of early Christian History, Pieter Van der Horst, who had the bad taste to want to give his retirement lecture on the myth of Jewish cannibalism (the blood libel) through the ages. That, of course, to any honest and courageous academic, meant dealing with its widespread presence in the Muslim world today, including its arrival via fascist links, in particular between the Arabs (Muslim Brotherhood, Palestinian Nationalism) and the Nazis. The response of his colleagues and superiors in the academy not only illustrate the mechanisms of Eurabia, but also answer the question that Jews have been agonizingly asking since 2000: why won’t anyone talk about this?

Retour sur l’affaire Van Der Horst: Eurabia et la mise au pas des universités européennes

Paul Landau *

Au moment où le Hezbollah vient de plonger le Moyen-Orient dans une nouvelle guerre, et alors que les regards de toutes les capitales occidentales sont tournés vers la frontière entre Israël et le Liban, un événement se déroule au cœur de l’Europe, loin de l’attention des médias internationaux, dont les conséquences et la signification à long terme sont tout aussi graves que celles de l’embrasement subit du front israélo-arabe.

Dans un livre récemment traduit en français 1, l’historienne Bat Ye’or, dont les travaux pionniers ont porté à la connaissance du grand public un pan inexploré de l’histoire mondiale – celui de la dhimmitude et des rapports entre l’islam et les minorités non musulmanes – a décrit la soumission grandissante des élites politiques européennes aux diktats de la Ligue arabe et du monde arabo-musulman en général, sous couvert de “dialogue euro-arabe”, et elle a inventé un terme pour décrire ce processus politique, culturel et économique, qui est en passe d’entrer dans le lexique politique contemporain : Eurabia.

Pour ceux qui douteraient encore de l’existence et de la réalité d’Eurabia, la récente affaire Van Der Horst vient illustrer les conséquences du processus décrit par Bat Ye’or, au cœur du bastion de la culture européenne : l’université. Cette affaire, qui vient de défrayer la chronique aux Pays-Bas et a été rapportée par plusieurs grands quotidiens américains et israéliens, a curieusement été passée sous silence par les médias français… 2

Pieter Van Der Horst est un professeur à l’université d’Utrecht, spécialiste du monde hellénistique et des débuts du christianisme, dont les travaux lui ont valu une renommée mondiale dans le monde universitaire. Au début du mois de juin 2006, il devait prononcer un discours d’adieu à l’occasion de son départ en retraite, après 37 ans d’enseignement. Le sujet de son discours était “le mythe du cannibalisme juif”, et il se proposait de faire la généalogie de ce mythe, depuis l’antiquité jusqu’à l’époque contemporaine.

Comme Van Der Horst le relate lui-même, il avait l’intention de suivre la trace de l’accusation selon laquelle les Juifs consomment de la chair humaine, depuis ses origines gréco-romaines, en passant par le Moyen-Age chrétien, et jusqu’à la période nazie et au monde musulman actuel. La démonisation des Juifs dans le monde musulman a en effet ses racines, explique Van Der Horst, dans le fascisme allemand. Et il rappelle que Mein Kampf, le livre-programme d’Adolf Hitler, a figuré sur la liste des best sellers dans de nombreux pays du Moyen-Orient.

La sympathie pour le nazisme dans les pays arabo-musulmans remonte à l’époque qui précède la Seconde Guerre mondiale. Le dirigeant palestinien Haj Amin al-Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, a collaboré activement avec Hitler. Il a passé plusieurs années à Berlin pendant la guerre, poursuit Van Der Horst, et a visité le camp d’extermination d’Auschwitz, ce qui lui a inspiré un plan d’édification de chambres à gaz en Palestine, pour régler la “question juive”, sur le modèle nazi… 3

A sa grande surprise, Pieter Van der Horst ne put prononcer son discours d’adieu devant ses collègues de l’université d’Utrecht comme il l’entendait. Il fut convoqué par le doyen de l’université, qui le pria instamment de supprimer le passage de son discours concernant l’antisémitisme musulman. Ayant refusé d’obtempérer, Van Der Horst fut convoqué séance tenante devant une commission ad hoc, qui invoqua trois raisons pour supprimer le passage litigieux.

La première, c’est que ce discours risquait – s’il n’était pas expurgé de son passage litigieux – de provoquer la colère de “groupes étudiants musulmans bien organisés”, et que le recteur ne pouvait assumer la responsabilité des réactions violentes qu’il n’allait pas manquer de susciter. Par ailleurs, la commission craignait que ce discours ne porte atteinte aux efforts de rapprochement entre Musulmans et non-Musulmans au sein de l’université. Enfin, les collègues de Van Der Horst prétendaient que le discours de celui-ci était en-dessous des critères universitaires, allusion aux remarques sarcastiques qu’il contenait à l’endroit de certains politiciens néerlandais.

Abasourdi, Van Der Horst envoya tout d’abord son discours à des collègues spécialistes du monde musulman et de l’islam, qui confirmèrent unanimement l’intérêt et la véracité de ses allégations sur l’antisémitisme musulman. Ce discours, ajoutaient-ils, ne pouvait aucunement susciter l’ire des Musulmans, puisqu’il ne contenait rien d’injurieux envers l’Islam, le Prophète ou le Coran, mais abordait uniquement des questions historiques.

Le recteur de l’université d’Utrecht ne se contenta pas de ces explications et s’en tint à sa position initiale. La mort dans l’âme, Van Der Horst décida d’accepter le verdict de ses pairs, et de prononcer son discours d’adieu, après 37 années de bons et loyaux services en tant que professeur, expurgé du passage litigieux… Mais le jour même de la cérémonie, il eut la surprise de constater que les médias locaux s’étaient emparés de l’affaire. Le recteur de l’université prétendait qu’il n’y avait eu aucune censure et que le discours était simplement inacceptable de par sa qualité universitaire…

Pieter Van Der Horst conclut sa relation des faits dans le Wall Street Journal sur une note optimiste, en constatant qu’il a reçu le soutien de nombreux collègues et de membres de la communauté juive néerlandaise. Qu’il me soit permis de ne pas partager son optimisme. L’affaire Van Der Horst illustre à mon avis le niveau de dhimmitude auquel sont parvenues les élites universitaires dans de nombreux pays d’Europe aujourd’hui.

Le cas des Pays-Bas n’est pas isolé, et il n’est certainement pas le pire. On rappellera les nombreuses affaires de boycott universitaire à l’encontre de professeurs israéliens (souvent eux-même d’extrême-gauche, ce qui ne les a pas protégés…) de la part de groupuscules propalestiniens très influents dans les universités, en France et en Grande-Bretagne notamment. Mais le cas Van Der Horst est sans doute plus grave encore que les affaires de boycott, car il témoigne de l’auto-censure que s’imposent des membres éminents de l’université (et qu’ils imposent à leurs pairs), pour ne pas “offenser” les étudiants musulmans, sans même que ceux-ci soient intervenus en ce sens.

L’affaire Van Der Horst est la pointe de l’iceberg, et de nombreuses autres affaires similaires ont lieu, sans attirer aucune attention. Ce phénomène traduit l’émergence d’Eurabia au sein des universités européennes. Il touche tous les départements universitaires, non seulement ceux qui traitent des études islamiques (j’en donnerai pour exemple la revue de “l’Institut international pour l’étude de l’islam dans le monde contemporain”, publiée aux Pays-Bas, qui est un modèle de politiquement correct et d’islamiquement correct…), mais aussi les études non-islamiques, comme le montre le cas Van Der Horst. Dans les universités européennes aujourd’hui, certains sujets sont devenus tabous.

L’antisémitisme dans le monde musulman, le rapprochement entre le fondateur du mouvement national palestinien et les nazis, ou la perpétuation de mythes racistes antijuifs dans les pays arabo-musulmans, sont autant de tabous que les professeurs les plus éminents ne peuvent plus aborder, sous peine d’être censurés et humiliés publiquement… Quant aux étudiants, il est certain qu’ils n’en entendront jamais parler dans leurs programmes universitaires ! Erasme, réveille-toi, ils sont devenus fous !

* Journaliste et chercheur (Jérusalem)
Notes
1. Bat Ye’or, Eurabia, l’axe euro-arabe, Editions Jean-Cyrille Godefroy, Paris 2006.
2. Voir notamment l’article de Van Der Horst publié par le Wall Street Journal, “Tying Down Academic Freedom”, 30 juin 2006. En ligne sur le site www.campus-watch.org.
3. Sur la collaboration entre Husseini et les nazis, je me permets de renvoyer à mon livre, Le Sabre et le Coran, Editions du Rocher 2005.

Note the extraordinary first reason for not allowing the professor to speak: we’re worried about our Muslim street.

4 Responses to L’Affaire Van der Horst: Eurabia and the European Academy

  1. Eliyahu says:

    Richard, I can’t agree either with you or with Paul Landau that Judeophobia, which some call antisemitism, arrived in the Muslim countries through “fascist links.”
    Or as Landau [apparently on van der Horst's authority] put it:

    La démonisation des Juifs dans le monde musulman a en effet ses racines, explique Van Der Horst, dans le fascisme allemand.

    Bernard Lewis has written that Judeophobia entered the Arab/Muslim world in the 19th century through Arabic-speaking Christians and European Christian missionaries. This argument can be supported by reference to the 1840 Damascus Affair, in which local Christians and Muslims, the local governor, the pasha [representing Muhammad Ali of Egypt], plus the three European consuls in the city at the time, all vigorously accused the local Jews of conspiring to use a European priest’s blood to bake matsot. Nevertheless, a fanatic Judeophobia can be found in Islam since its origins. Some might explain the massacre of the Jews of Medina and Khaybar oasis as merely necessitated by the Muslim drive for conquest. The subjugation of Jews and Christians as dhimmis could be explained as typical imperial exploitation and oppression of conquered subject peoples. However, there is a specifically Judeophobic set of notions in Islam from a very early period. On this I recommend the book by Carlo Panella, Il Complotto Ebraico [2005]. I certainly don’t agree with everything that Panella writes. Nevertheless, he points out that the “Jewish plot” notion appeared very early in Islam. For instance, the Jews in Medina were accused of dissembling conversion to Islam in order to disrupt the Muslim community. Again, Jews were accused by Sunnis of instigating the Sunni-Shi`i split. Later, Shi`ites accused Jews of fomenting the sevener-twelver split among the Shi`ites. Further, moving away from the ideological plane, there is evidence from various historical accounts that the Jews were not merely oppressed as dhimmis in traditional Muslim society, but that the Jews, rather than Christians, were at the bottom of the social ladder. This is not to dismiss the terrible massacres of Christians under Muslim rule in the 19th and early 20th centuries. These links, based on contemporary accounts, demonstrate that the Jews were at the bottom of Muslim society, below even the Christians. http://ziontruth.blogspot.com/2005/10/jews-as-ultimate-underdog-in-muslim.html
    http://ziontruth.blogspot.com/2005/11/jews-as-ultimate-underdog-in-arab.html

    I have been told that Georges Vajda has also written on early Judeophobia in Islam.

  2. RL says:

    i don’t think Van der Horst would disagree. i think he meant “the demonization of jews in the contemporary muslim world…”

    after all, don’t forget that demonization is a step up from contempt and disdain and represents a fear of the supernatural powers of the jews. many peoples are despised, not too many are accused of secretly trying to take over the world.

    thus the more accurate formulation of the remark would be:
    The contemporary wave of demonization of the Jews in the Muslim world has its roots in the 19th-century anti-modern reactions of Islam to modernizing reforms (Tanzimat) that included eliminating the legal apartheid of the dhimmi laws, and gained intensity in the early 20th century with groups like the Muslim Brotherhood who drew inspiration from the anti-modern authoritarian dimensions of fascism.

    how’s that?

    as for your comments on the jews at the bottom of the dhimmi ladder, that seems more attributable to two issues that are not directly related to the paranoid fears of demonization, but rather to the dynamics of hierarchical society, in which sh*tting on the person below you even as the person above does it to you is the “norm.” Jews in the 19th century in Islam did not have any protectors, whereas one of the key elements of any Western victory over the Turks was to demand that they have the power to protect Christian communities in Islam. As the link you give points out, the reaction of the Muslims to these reforms was:

    ‘Today we have lost our sacred national [milli] rights, won by the blood of our fathers and forefathers. At a time when the Islamic millet is the ruling millet, it has been deprived of this sacred right. This is a day of weeping and mourning for the people of Islam.’

    (Note the claim that fighting for dominion is legitimate… what bad losers these Muslims! they win and they legitimately dominate; they lose and they scream bloody murder when they aren’t even subjected.)

    The Christians respond like people with the slave mentality who cannot leave the hierarchy because of the comforts it offers (in this case, having the Jews to kick around):

    Another point was that whereas in former times, in the Ottoman state, the communities were ranked, with the Muslims first, then the Greeks, then the Armenians, then the Jews, now all of them were put on the same level. Some Greeks objected to this, saying: ‘The government has put us together with the Jews. We were content with the supremacy of Islam.’

    Hence i’d argue that the bottom-dwelling position of the jews (like blacks in apartheid South Africa, with Christians as the equivalent of Indians), comes from a hierarchy of contempt, not from demonization. It’s only when, especially under conditions of modernity — impartial meritocracy — that Jews begin to rise precipitously and that triggers the paranoias that produce demonization.

    the theory needs some tweaking, but i think you get an idea of what i’m driving at: judeophobia becomes more intense the more insecure you are (one of B. Lewis’ points). there’s nothing for making authoritarian types insecure quite like modernity.

  3. Eliyahu says:

    Richard, I agree with most of your response. In fact, I was thinking along the same lines more or less. Of course, if you’re oppressed, it’s nice to have somebody below you. The Christians may have been treated better also because there were many more of them in the Fertile Crescent countries than there were Jews. In fact, during the Greek uprising [1820 ff] the Muslim authorities in Israel warned the Muslims to watch over the Christians so that they would not rebel in sympathy with the Greeks.

    Now, what I wanted to stress was the very early emergence of Islamic Judeophobia. You probably know of D F Green’s booklet [in French and English editions] of Proceedings of the Islamic scholars meeting in Cairo circa 1969. These `ulema’ several times quote the hadith(s) that at the End of Days, the Jews will hide behind trees and rocks, and the trees and rocks will appeal to the Muslims: O Muslim, a Jew is hiding behind me. Come kill him… So here we have a statement of very old Muslim Judeophobia. Then concerning the Christians, there is the traditional Judeophobia of the Church, which can also help explain in part how the Christians treated Jews.

    The story of Prof. Van der Horst is very important and you rightly emphasize it. Thank you for presenting Landau’s very interesting account. Indeed, those who are truly concerned about academic freedom should be concerned about van der Horst’s case.
    I would just correct one item, in the mid-19th century, the Western powers did not defeat the Ottoman Empire. Britain and France defended the Ottoman Empire against Russia in the Crimean War, thus the Ottomans owed them favors. The favors given produced significant changes here in Jerusalem.

  4. Eliyahu says:

    Other very accessible sources for Muslim medieval Judeophobia, are the Quran [despite philo-Judaic or ven Zionist elements in it] and the 1001 Nights Tales [or the Arabian Nights Tales].

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