Les Rushes de Talal abu Rahmeh et l’affaire al Durah

Ici une traduction d’un essai sur ce que les rushes de France2 du jour même et du lendemain de la “mort” du “petit Mohammed” nous apprennent sur l’affaire. (Traduit par Pistache)

LES CASSETTES DE FRANCE2 : LES RUSHES DE L’AFFAIRE AL-DURAH

Notes de Richard Landes après trois visionnages.

L’essentiel du matériel disponible sur les cassettes de France2 a déjà été longuement discuté en ce qui concerne ses rapports avec Pallywood. Je vais ici m’attacher à parler de ce que les cassettes nous disent de plus sur l’affaire Al Durah, en dehors de leur rôle de témoignage direct.

La dernière scène figurant sur les bandes de Talal du 30 septembre, juste après la séquence des al-Durah, montre un homme que l’on charge dans une ambulance au carrefour. Cette séquence, qui ressemble a beaucoup d’autres scènes pallywoodiennes filmées plus tôt ce jour-là (pas de civière, pas trace de sang, évacuation maladroite), ne concerne manifestement ni le père, ni l’enfant (puisqu’ils auraient dus être très ensanglantés, et évacués de derrière le baril). Si Talal avait eu des batteries encore suffisamment pleines que pour filmer cette séquence après celle des Al-Durah, pourquoi n’a-t-il pas pris plus de plans de la soi-disant bien plus macabre séquence des al-Durah – l’enfant « saignant pendant vingt minutes », la pluie de balles, leur évacuation ?

Les informations les plus importantes quant aux al-Durah sur ces cassettes proviennent peut-être de ce qui concerne le lendemain. Sur ce qui a été filmé le jour d’après figure une terrible photo prise la veille à l’hôpital, montrant un garçon (qui n’est pas nécessairement Mohamed al-Durah) au ventre déchiré et aux entrailles apparentes (je n’ai su obtenir une copie de ce cliché, et serais heureux si quelqu’un l’ayant pouvait m’en fournir une). Il est difficile d’imaginer que ce trou béant puisse être le point d’entrée d’une balle ; il suggère plutôt ou un tir par derrière, ou un élargissement pratiqué par les médecins à l’hopital. Dans tous les cas, une telle blessure aurait certainement laissé une quantité de sang massive sur le sol derrière le baril.

Cependant, sur ce que Talal a filmé tôt le matin figurent plusieurs plans du baril qui ne montrent pas trace de sang à l’endroit où le père et le fils étaient assis. Le sol est légèrement plus foncé derrière le baril, ce qui incita Enderlin à me faire la remarque que, peut-être, la mare de sang avait été nettoyée, ou recouverte de sable. Etant donné que le mur aurait dû être éclaboussé de sang, et que le saignement aurait du s’étendre sur une zone bien plus grande que celle qui est légèrement plus foncée, cela ne paraît pas une explication plausible.

Quoi qu’il en soit, les Palestiniens impliqués ont visiblement compris que le manque de sang posait un sérieux problème pour leur « narratif », et fournirent du sang frais avant la visite des journalistes qui arrivèrent plus tard ce jour là. La photo ci-dessous montre la scène vers midi (à en juger le peu d’ombres). Notez la couleur rouge vermillon du sang, chose qu’aucun journaliste n’a commenté dans son compte-rendu. (Goldenberg, en fait, fait référence au « sang s’assombrissant… » – un jour après ?). De plus, il n’y a pas de sang sur le mur, où, vraisemblablement, un total de neuf blessures par balles aurait dû laisser un fameux tableau.

thumbnail aldura\'s blood
AP photo, October 1, 2000

Pour exhorter France2 à rendre publiques les cassettes contenant le travail de Talal le 30 septembre 2000 et le lendemain, 1er octobre 2000, quelques adresses :

Arlette Chabot est la Directrice de l’Information de France2 Télévision qui était présente lorsque Denis Jeambar, Daniel Leconte et Luc Rosenzweig ont vu les rushes. Elle sait à quel point la situation est mauvaise, et doit être prévenue que nous ne lâcherons pas cette histoire. A ce jour, Enderlin et Abou Rahmeh continuent à travailler ensemble pour France2 et à informer le public français de la situation au Moyen-Orient.

Pour lui envoyer un courriel : [email protected]

Patrick de Carolis est le Président de France Télévision nommé depuis peu. Il devrait être mis au courant du fait que ses prédécesseurs ont été à la tête d’une énorme incompétence journalistique.
Ecrire à : [email protected]

Dominique Baudis est le Président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, dont l’avis est que les journalistes ne devraient pas diffuser des histoires qui ne puissent être prouvées de manière concluante et qu’ils devraient corriger les comptes-rendus rapidement et en donnant à ces correctifs la même importance que les récits originels.

Vous pouvez leur soumettre un commentaire via la page suivante :

http://www.csa.fr/outils/contact/contacteznous_formulaire.php

Texte-type:
Madame, Monsieur,

Je vous écris pour vous demander de bien vouloir rendre publics les rushes qui ont été tournés par Talal Abou Rahma le 30 septembre et le 1er octobre 2000. Ceux qui ont vu ces images affirment que ces rushes contiennent de nombreuses mises en scène, que votre correspondant, Charles Enderlin a présenté comme des informations réelles. Compte tenu du fort impact de ces images et des doutes sérieux concernant son travail, le public devrait avoir le droit d’accéder à l’information brute, tourné par Abou Rahma, qui lui a permis de tirer ses conclusions dramatiques.

Je vous remercie de bien vouloir tenir compte de ma demande et de m’informer personnellement de la suite que vous comptez donner à ma requête.

Bien à vous,

XXXXX

2 Responses to Les Rushes de Talal abu Rahmeh et l’affaire al Durah

  1. [...] Rahmeh, le cameraman de France2 qui a filmé l’épisode “al Durah”, voir Les Rushes de Talal abu Rahmeh et l’affaire al Dura [...]

  2. NEUHOF says:

    assez d obstructions .nous voulons connaitre la verite sur l affaire al dura.enderlin a t il vraiment fait son travail de journaliste de facon honnete.vu la reaction de fr 2 qui refuse de soumettre les rushes,il est permis d en douter.

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