Multiculturalism, the Trojan Horse of Islamism: Taguieff on Demopathy

For those of my Francophone readers, here’s the latest from one of the most perceptive analysts of the European scene today, an excerpt from his new book, La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Odile Jacob, en librairie le 25 août 2008. I intersperse it with comments to assist my Anglophone readers.

laocoon
Laocoön and his sons, devoured by sea-serpents for denouncing the Trojan Horse.

Le multiculturalisme, ou le cheval de Troie de l’islamisme
par Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Paris)

He begins with a discussion of the phenomenon of Muslim immigrants in the West who want to remain, but are profoundly hostile to the culture they want to remain in. He finds a high correlation between the most dogmatically multi-cultural cultures — ones that insist that all cultures be treated equally — with Muslims who embrace Islamism.

Il faut s’interroger sur un paradoxe dont les conséquences géopolitiques peuvent être considérables : un pourcentage significatif des populations de culture musulmane installées dans les pays occidentaux et désireuses d’y rester se montre hostile à la civilisation occidentale et manifeste une certaine empathie à l’égard des milieux jihadistes. C’est dans les pays qui ont institutionnalisé le multiculturalisme, donc inscrit dans la loi le principe du respect inconditionnel des « identités culturelles », que l’opinion musulmane s’aligne le plus sur les positions islamistes. Les promoteurs de l’idée d’une « citoyenneté postnationale » ont par ailleurs fortement contribué à légitimer le multiculturalisme comme forme de « politique de la reconnaissance » .

He treats Holland’s “separate but equal” system that allows the most violently anti-Western ideologies to develop in the name of “respect.” Although the murder of Theo Van Gogh set off alarm bells, the real problem derives from the energy it takes to actually communicate the values of mutual tolerance and respect to people who will happily benefit from it without having any intention or desire to reciprocate.

La version la plus radicale du multiculturalisme est illustrée par la politique néerlandaise de « pilarisation », présentée comme un moyen de garantir la tolérance à l’égard des religions, en accordant un système éducatif séparé, des services sociaux distincts, des médias et des syndicats différents aux catholiques, aux protestants et aux communautés sécularisées. Jusqu’au début des années 2000, les gouvernements néerlandais successifs ont fait leur la doctrine selon laquelle le meilleur moyen de favoriser l’intégration des populations issues de l’immigration était d’encourager les immigrés à « maintenir leur propre culture » (1). Ils ont facilité ce « maintien » des identités culturelles d’origine par tout un arsenal de politiques de redistribution visant les « minorités culturelles » reconnues (2). Même si la question de savoir si les musulmans constituent un « pilier » séparé est restée controversée, c’est un fait que les Pays-Bas se sont montrés plus volontaristes que d’autres pays pour accorder aux musulmans des écoles distinctes (3). Le choc provoqué par l’assassinat du leader politique Pim Fortuyn (6 mai 2002) (4), suivi par celui du cinéaste Théo Van Gogh (1er novembre 2004) (5), l’un et l’autre engagés dans un combat contre ce qu’ils pensaient être « l’islamisation » de leur pays, a fait prendre conscience aux Néerlandais des limites et surtout des effets pervers du multiculturalisme, terrain privilégié pour la propagande islamiste.

He then turns his attention to England where the most suffocating atmosphere of political correctness makes it impossible to even address the problem. To pursue his metaphor of the Trojan Horse, it’s as if the role played by Poseidon (who sent two serpents from the ocean to devour Laocoön and his sons, who, soundly, denounced the horse as a trick, a poisoned gift, is played by the politically correct, multicultural “thought police.” For those unfamiliar with the term, “angélisme” refers to the delusion that we can behave like angels (i.e., do without war, for example)… a delusion particularly current in Europe today in which the posture of “moral Europe” permits them to preen on the international stage as superior to the US and Israel.

La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Canada sont parmi les pays occidentaux les plus touchés par une islamisation fondamentaliste intense. Le multiculturalisme modéré existant en Grande-Bretagne a été défini en 1966, non sans un certain angélisme, par Roy Jenkins, alors secrétaire du Home Office, comme « la diversité culturelle, couplée à l’égalité des chances, dans une atmosphère de tolérance mutuelle » (6). Après les attentats islamistes de Londres (juillet 2005), les Britanniques ont à leur tour pris conscience des dangers présentés par le multiculturalisme à l’époque du terrorisme jihadiste gobal. L’angélisme différentialiste ne devrait plus être à l’ordre du jour en Grande-Bretagne (7). Dans une étude d’une exceptionnelle lucidité, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », publiée en juin 2006, le politologue Ernst Hillebrand montre non seulement que le multiculturalisme britannique a totalement échoué, mais encore qu’il a favorisé l’emprise islamiste sur les musulmans vivant en Grande-Bretagne. Le constat est saisissant :

    40 % des musulmans vivant en Grande-Bretagne souhaitent l’application de la Chari’a dans certaines parties du pays. 32 % pensent que les musulmans devraient s’engager pour mettre fin à la civilisation occidentale, “décadente et amorale”. 20 % disent comprendre les motivations des responsables des attentats du métro de Londres le 7 juillet 2005. Dans le même temps, seuls 17 % des non-musulmans pensent que musulmans et non-musulmans peuvent vivrent ensemble pacifiquement de façon durable. Et un quart de l’électorat peut s’imaginer votant un jour pour un parti d’extrême droite ; bienvenue en Grande-Bretagne, dans une société qualifiée par le British Council de “riche d’une grande diversité, ouverte, multiculturelle”. Alors que les autorités persistent à diffuser des messages glorieux, les attentats de Londres ont crûment révélé une réalité qui n’avait pu échapper, auparavant déjà, à tout observateur attentif : le vaste échec du multiculturalisme britannique, du moins en ce qui concerne l’intégration des musulmans. (8)

Les défenseurs d’un multiculturalisme institutionnel, lorsqu’ils professent un relativisme culturel radical, sont le plus souvent des ennemis déclarés de l’Occident, dénoncé comme incarnation d’un judéo-christianisme qui, par son intolérance et son « impérialisme », serait une machine à détruire les « cultures ». Comme l’a justement remarqué Élie Barnavi, « le multiculturalisme est un leurre », qui continue cependant de séduire nombre d’intellectuels et d’homme politiques en Europe. Le multiculturalisme se fonde implicitement sur un essentialisme culturel qui mine les fondements de tout ordre politique : « On ne bâtit pas une société digne de ce nom, ce qui implique une langue dans laquelle on puisse se comprendre, un minimum de culture commune, une mesure de mémoire partagée, en enfermant les gens dans leur propre langue, leur propre culture et leur propre mémoire » (9). Le multiculturalisme institutionnel, c’est-à-dire le multicommunautarisme, revient à transformer le droit à la différence en un devoir d’appartenance ordonné à une identité d’origine supposée et imposée (10).

Ses défenseurs ont contribué à jeter la confusion dans les milieux antiracistes en définissant le racisme par le rejet du multiculturalisme. Dès lors, toute critique du projet multicommunautariste est soupçonnée d’exprimer une vision raciste, alors même que le multiculturalisme, quelles que soient les bonnes intentions de ses partisans, ressemble fort à ce monstre que serait un « multiracisme ». Les illusions pseudo-antiracistes suscitées par cette absolutisation de la différence culturelle et ce culte de la diversité culturelle en dissimulent mal les effets pervers : la fragmentation conflictuelle de l’espace public, l’ethno-racialisation des rapports sociaux, l’individualisation négative, la généralisation normative des ségrégations, l’accroissement de la défiance entre les groupes séparés et, pour finir, la destruction de la vie civique, mettant en danger le régime démocratique.

This absolutizing of cultural diversity, in which any criticism of another culture’s values becomes a form of racism is one of the great failures of “progressive” thought, and I do think a significant role can be attributed to Edward Said’s Orientalism in which any form of “othering” is a form of racism. This is particularly true of any discussion of honor-shame culture, which in turn makes any condemnation of honor-killing problematic. And, of course, since no progressive can possibly support honor-killings — especially feminists — it most often elicits a deafening silence.

Cette pathologie sociale peut être analysée sur la base du modèle d’intelligibilité construit par Robert Putnam dans les années 1990 et mis à l’épreuve au cours des années 2000, selon lequel le « capital social », soit « les réseaux qui relient entre eux les membres d’une société et les normes de réciprocité et de confiance qui en découlent » (11), tend à décliner lorsque s’accroît la diversité ethnique et culturelle. Putnam a étudié ce qu’il appelle la « diversité ethnique » aux États-Unis en référence aux quatre groupes retenus par le recensement nord-américain : les Hispaniques, les Blancs non-hispaniques, les Noirs non-hispaniques et les Asiatiques. Ces catégories dites « ethniques » ou « raciales » sont en fait tout autant culturelles. Dans un article retentissant publié en juin 2007 (12), le sociologue et politiste en arrive à formuler un certain nombre de conclusions inattendues de la part d’un « progressiste », et qu’on peut réduire à quatre thèses :

  • 1° Plus la diversité ethnique grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit ;
  • 2° dans les communautés les plus diversifiées, les individus ont moins confiance en leurs voisins ;
  • 3° dans ces mêmes communautés, non seulement la confiance inter-ethnique est plus faible qu’ailleurs, mais la confiance intra-ethnique l’est aussi ;
  • 4° la diversité ethnique conduit à l’anomie et à l’isolement social.

Il va de soi que de telles conclusions, établies à partir d’une enquête conduite d’une manière exemplairement scientifique sur un échantillon d’environ 30 000 individus, ne peuvent qu’affoler les adeptes du « politiquement correct » en matière d’immigration (célébrée comme une « richesse ») et les partisans du multiculturalisme (présentée comme la voie unique vers le nouvel avenir radieux).

This is the core of the fantasy that medievalists supported in their “reinterpretation” of the fall of Rome, in which, as one major exhibition on the Franks in 1996-7 argued that rather than “barbarian invasions,” the 5th and 6th centuries represented a “a process of immigration which became a successful integration…”

À la fin de son article, l’universitaire réputé « progressiste » qu’est Putnam définit sa position « politique » par un double rejet : « Il serait dommage qu’un progressisme politiquement correct nie la réalité du défi que constitue la diversité pour la solidarité sociale. Et il serait également regrettable qu’un conservatisme anhistorique et ethnocentrique refuse d’admettre que relever ce défi est à la fois souhaitable et possible ».

In other words, both the progressive position, which sees no problem and has blind faith in the process of integration, and a conservative one, in which there’s no possibility of integration, represent lazy approaches. The problem here, as with all commitments to civic polities, is that they take real effort.

Il reste à étudier d’une façon comparative d’autres sociétés démocratiques travaillées par les effets négatifs d’un excès de diversité interne, qu’il s’agisse des Pays-Bas, de la Belgique, des pays scandinaves, de l’Allemagne ou de la Grande-Bretagne, sans oublier certains pays d’Europe méditerranéenne. L’horizon ainsi dessiné est plutôt sombre : si les thèses de Putnam sont fondées, universalisables et ainsi dotées d’une valeur prévisionnelle, alors le surgissement de sociétés multi-raciales et multiculturelles que favorise l’ouverture démocratique aura pour conséquences majeures le déclin de l’engagement civique et le délitement du lien social, remplacé par la défiance ou l’indifférence. Trop de diversité, en provoquant l’érosion de la confiance, tuerait la tolérance et ruinerait la solidarité sociale comme l’esprit civique. Dès lors, l’offre islamiste, centrée sur l’identité et la solidarité de groupe, deviendrait particulièrement attractive aux yeux des « communautés » diverses de culture musulmane. C’est dans ce contexte convulsif qui s’annonce, à l’heure du Jihad mondial, que les réseaux islamistes risquent de prendre leur essor en tout territoire situé hors de la « demeure de l’islam » (dar al-islam).

The problem is urgent and clear. Multi-culturalism as it is currently presented by the politically correct, is a recipe for demopaths to manipulate dupes, and in order to disguise how they are being manipulated the dupes prefer to attack their civil critics rather than the demopaths who are far more hostile to their values than their critics. Culture wars in the West represent ideal terrain for Islamists to make their moves. As an historian who knows the pain and suffering that commoners endured for over a millennium of European history before anything remotely resembling civil polities first came into being, this strikes me as nothing short of a catastrophe of historic proportions.

1) Voir Yasemin Soysal, Limits of Citizenship : Migrants and Postnational Membership in Europe, Chicago, University of Chicago Press, 1994.
2) Voir Frank de Zwart, « Politiques ciblées dans les sociétés multiculturelles : acceptation, négation et substitution », Revue internationale des sciences sociales, LVII (1), n° 183, 2005, p. 164.
3) Voir John Rex, Ethnicité et citoyenneté. La sociologie des sociétés multiculturelles, textes sélectionnés, traduits de l’anglais et introduits par Christophe Bertossi, préface de Michel Wieviorka, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 76. Le sociologue britannique John Rex est l’un des principaux théoriciens de l’ethnicité et un défenseur du multiculturalisme. Voir John Rex, Race and Ethnicity, Buckingham, Open University Press, 1986, pp. 119-135 (chap. 7 : « The Concept of a Multi-Cultural Society »).
4) Voir Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste. Essai sur les démagogies de l’âge démocratique, nouvelle édition refondue et considérablement augmentée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2007, pp. 147-149.
5) Voir Ian Buruma, On a tué Theo Van Gogh. Enquête sur la fin de l’Europe des Lumières, tr. fr. Jean Vaché, Paris, Flammarion, 2006.
6) Cité par John Rex, Ethnicité et citoyenneté, op. cit., p. 135. Pour une présentation positive de ce modèle d’intégration visant à protéger la diversité culturelle, voir John Rex and Sally Tomlinson, Colonial Immigrants in a British City : A Class Analysis, Londres, Routledge & Kegan Paul, 1979.
7) Voir Gilles Kepel, Terreur et Martyre. Relever le défi de civilisation, Paris, Flammarion, 2008, pp. 206-224.
8) Ernst Hillebrand, « Atmosphère suffocante dans le Londonistan », Friedrich-Ebert-Stiftung, Analyses et Documents, juin 2006, p. 1. Ernst Hillebrand était alors directeur du bureau londonien de la Friedrich-Ebert-Stiftung. Il en dirige le bureau de Paris depuis juillet 2007. Voir aussi Paul Landau, Le Sabre et le Coran. Tariq Ramadan et les Frères musulmans à la conquête de l’Europe, Monaco, Éditions du Rocher, 2005, pp. 89-95. Ce spécialiste de l’islamisme analyse le multiculturalisme, notamment aux Royaume-Uni, comme le « cheval de Troie des islamistes » (op. cit., p. 93), image symbolique que je lui emprunte ici.
9) Élie Barnavi, Les Religions meurtrières, Paris, Flammarion, 2006, p. 129.
10) Pour une analyse critique approfondie, voir Pierre-André Taguieff, La République enlisée. Pluralisme, « communautarisme » et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005, pp. 12-184, 273-346.
11) Voir l’article séminal de Robert D. Putnam, « Bowling Alone : America’s Declining Social Capital », The Journal of Democracy, 6 (1), 1995, pp. 65-78 ; ainsi que l’ouvrage qui a suivi : Bowling Alone : The Collapse and Revival of American Community, New York, Simon and Schuster, 2000. Voir Jean-Louis Thiébault, « Les travaux de Robert D. Putnam sur la confiance, le capital social, l’engagement civique et la politique comparée », Revue internationale de politique comparée, 10 (3), 2003, pp. 341-355.
12) Robert D. Putnam, « E Pluribus Unum : Diversity and Community in the Twenty-first Century », Scandinavian Political Studies, 30 (2), juin 2007, pp. 137-174. Pour une analyse critique, voir Éloi Laurent, « Robert Putnam et la nouvelle indifférence américaine », 24 octobre 2007.

13 Responses to Multiculturalism, the Trojan Horse of Islamism: Taguieff on Demopathy

  1. oao says:

    nothing new here to anybody who follows world events, has half a brain and ability to reason.

    the question which I keep posing is why would anybody expect this process to be stopped, saving the civilized world from the barbarians? on what grounds should one be optimistic? can anybody describe a process via which this will be stopped?

    in fact, the process has started in the US too, except at a much slower pace (for various reasons). so it will take longer, but the direction is the same.

    as could be expected, the first indicator of this process is rabid antisemitism, not longer only for the fringe anymore. LGF has linked to such examples from the Daily Kos, one of whose authors has a page on Obama’s official site.

    oao
    http://fallofknowledgeandreason.blogspot.com/

  2. Michael B says:

    “Post-national citizenship” is, essentially or at the root of it, an oxymoron. At the micro level and via analogy, one may as well conceive of a post-individualist person, or some such notion. Yes, there are excesses that nationalism, as with individualism, has been put to, obviously. But to be a citizen is to be a citizen in a specific temporal and spatial mode, i.e. geographically, culturally, socially, politically, etc. National identity, like personal identity, requires a certain healthy sense of sovereignty cum self-respect – and therein comportment within the world as a whole. But the notion negative qualities inhere to that sense of identity, whether at the level of the individual or the nation, is very poorly conceived, or imagined.

  3. Richard Landes says:

    oao, the scenario is as follows. when one or two european countries get so weak that the islamists show their hand (ie, these countries have their trojan horses open up), then the others will begin to reconsider rapidly. it may be too late for some of them (hopefully not), but not for others. (this is a modified version of steyn’s america alone.)

    in the meantime the impt thing is to articulate as clearly as possible what the problem is and help people wake up as quickly as possible.

    in the meantime, Obama’s latest remarks on how Iran is not a problem, not a danger, reflect precisely why they’re winning. we drastically underestimate them.

  4. kevin de bruxelles says:

    So what is the alternative to multiculturalism? Monoculturalism?

    I can see a few rather unpromising current examples of monocultural societies; for example Saudi Arabia and North Korea. Historically one can easily see the Spanish Inquisition as a reaction against the problems created by the multicultural particularism of Jews and Muslims in 15th century Spain. The answer was the imposition of monoculturalism by means of either forced baptisms or forced deportations. And certainly the German drive in the mid- 20th century to “purify” its culture of particularist Jewish strains would also be classified as a move towards monoculturalism.

    So how would Jews react if the many commentators go their way and a real move was made towards the imposition of a Christian monoculturalism in European and American society? In fact most of the current multicultural doctrines were created after WW2 in order to give Jews the cultural space to practise their brand of particularism. Or do we just have to accept a double standard that multiculturalism is good when it protects Jews but bad when it shelters Muslims?

    Or is their a loyalty test? Limited multiculturalism? Perhaps the culture that wants to remain aloof and separate from the main current of society must prove itself to be loyal to the larger society. But this raised the interesting question about Jewish loyalty to America. Sure most Jews are loyal asllong as the US is a strong backer of Israel. But let’s suppose a future President Obama decides that Israel’s existence is contrary to US interests. What would happen to Jewish loyalty to America then?

    I have a feeling multiculturalism is a little like democracy. It has its glaring faults but the only thing it actually has in its favour is that it is heads and shoulders above any of the alternatives.

  5. Joanne says:

    If I’m not mistaken, Robert Putnam mentioned that the anomie caused by diversity existed only at first, but eventually disappeared after immigrant groups had assimilated. Of course, if immigrant groups refuse to assimilate, then that may be another story.

  6. Eliyahu says:

    oao, your slower pace may already have accelerated in the USA. Did you read about a Muslim charter school in the Minneapolis area. After the school’s management or “educational leadership” was reprimanded by the state Educ Dept, a camera crew from a local TV station went out to the school to observe, ask questions, etc. They were physically attacked by school personnel. The cameraman had injuries to his back, etc.

    By the way, after whom is the school named?? After Tariq ibn Zayyad [OR ibn Ziyad], leader of the first Muslim military force to invade Spain. Gibraltar is named after him too [Gibraltar = Jebel Tariq = mountain of Tariq]. Now this school is a publicly funded charter school, which gave the state dept of educ a duty to intervene. Curious isn’t it that these Muslims in Minnesota chose to name a school precisely after a Muslim invader of a non-Muslim land? And not merely any non-Muslim land [Dar al-Harb] but a non-Muslim land in Europe??

    As to Muslim abuses in host countries in Europe, it seems to me that some EU countries encouraged Muslim extremists to do whatever they felt like, to act seditiously and abuse fellow residents of those coutries, even now after 3-11 in Spain and 7-7 in the UK. One of these indulgent countries is the UK. Maybe that’s policy. In that case, it won’t change. I am referring specifically to the UK, although some other EU states may have backed away from that policy.

  7. oao says:

    oao, the scenario is as follows. when one or two european countries get so weak that the islamists show their hand (ie, these countries have their trojan horses open up), then the others will begin to reconsider rapidly.

    but the problem is that they already showed their hand quite often, and yet what you project did not occur. in fact, what really happens is that the weaker they become, the more appeasing and submitting they become, in the delusion that this will solve the problem.

    in the meantime the impt thing is to articulate as clearly as possible what the problem is and help people wake up as quickly as possible.

    the amount and clarity of the articulation is huge. it gets ignored or misinterpreted as islamophobia. fear is an emotion that people don’t want to be conscious of.

    in the meantime, Obama’s latest remarks on how Iran is not a problem, not a danger, reflect precisely why they’re winning. we drastically underestimate them.

    isn’t this a contradiction? for, after all, obama represents the future and it’s the youth and educated that support him most. obama says these things because he knows that’s what those people want to hear.

    so instead of waking up they’re falling deeper in sleep.

  8. oao says:

    eliyahu,

    i am familiar with the various developments in the US.
    what I meant was that the process was slower RELATIVE to europe. not that it’s not rapid.

  9. oao says:

    i suggest everybody checks out today’s postings at Little Green Footballs for an idea of the US process.

  10. Joanne says:

    oao, did you change your moniker from “fp”?

  11. Eliyahu says:

    oao, I notice –in the trend that you identify– that the NYT has been publishing a lot of hot tempered fanatic anti-Israel op eds, op eds that go farther than what we are used to from the NYT. Maybe you could do some fisking of these NYT hate pieces? I’m trying to finish some research that I consider important as well as make a few sheqels, euros or devaluated dollars when I have a chance.

  12. oao says:

    joanne,

    yes, and I did announce it in this forum.

    eliyahu,

    there is a tendency to think that MSM is in the business of informing the public. it is not! it is in the business of selling audiences to advertisers. as the latest data suggest, they have been failing at this considerably. they are trying to resolve this problem the usual way: by putting their finger in the air and see whichever way the wind is blowing, then publish what they perceive the public wants to read, to please advertisers.

    they sense that israel has increasingly become for many–who bought into the propaganda that it is the root of all problems and the cause of 9/11 (OBL very smartly just said so)– and who seek a scapegoat for america’s self-induced crisis–an inconvenient nation.
    so they publish along these lines.

    if they publish pieces by hamas and other terrorists, what’s the point of fisking other of their articles? besides, there’s so much crap in them that one would not know where to start. the amount of work would be enormous nd the impact minimal. the number of those who rely on knowledge and reason is coming steeply down. look at support for obama.

  13. oao says:

    oops, i meant israel has become an inconvenient nation.

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